En 2008, des ingénieurs japonais mènent une étonnante expérience afin de repenser le réseau ferroviaire de Tokyo. Pour ce faire, ils font appel à un organisme vivant unicellulaire aux capacités incroyables : le P. polycephalum, aussi appelé Blob,. Comme tout organisme vivant, son principal objectif étant de se nourrir le plus rapidement possible, il développe des protubérances pour explorer son environnement et chasser la nourriture. Ainsi, les ingénieurs ont placé des sources de nourriture en différents endroits d’une surface plane correspondant aux trente-six principales villes de la région de Tokyo. Les chercheurs ont ensuite lâché le polycephalum sur cette surface. Après s’être réparti en une couche fine sur toute la carte, celui-ci s’est contracté pour former un réseau de tubes reliant les sources de nourriture. A la fin de cette expérience, le réseau s’est avéré être aussi précis et ingénieux que le travail d’un être humain ou d’un ordinateur.

 

Cette expérience m’a amenée à me questionner sur la légitimité de l’étude du vivant comme moteur de création, et tout particulièrement du processus biologique des micro-mycètes, vulgairement appelés moisissures comme vecteur de formes et de protocoles créatifs.    

 

J’ai donc souhaité transposer le processus biologique à un processus créatif en jouant sur les notions d’évolution, de dissémination et de contamination propres aux moisissures. Se nourrir de son environnement s’inscrit dans une démarche métiers d’art à la fois technique et esthétique où se croisent outils numériques, gestes céramiques et langage plastique. Au travers de ce projet professionnel se manifeste la volonté de mettre en lumière les gestes et pratiques des métiers d’art, mais également de révéler la place du céramiste comme créateur-chercheur.

 

 

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