LLes extraits de parcours présentés ci-dessous sont le fruit du travail exclusif des étudiants de la formation. Ils présentent des choix personnels, des hypothèses émanent des différentes expériences menées durant le cycle d’étude de cette promotion.

Ce parcours MATÉRIAUX consiste à détourner, déplacer, ré-interpréter et associer les procédés de fabrication en les questionnant et les croisant. Cette approche oriente la formation dans une réflexion sur l’articulation des spécificités des techniques artisanales au vu de l’utilisation des outils numériques, et, dans la recherche permettant les échanges et les enrichissements réciproques des techniques entre elles.

DIPLÔME / S6

REASSEMBLE 

Aujourd'hui l’industrie textile pourrait-elle être éco-responsable ? 

Réussirons-nous à produire sans polluer ? 
Arriverons-nous à ne consommer que le nécessaire et ramener une valeur aux choses ? 
Comment exploiter tous ces déchets déjà présents dans le secteur textile de manière bénéfique pour l’environnement ? 

 

REASSEMBLE

Reassemble les chutes pour faire de nouvelles matières.
Reassemble les techniques traditionnelles avec les techniques actuelles éco-responsable.
Reassemble la valeur d’une technique avec celle d’un nouveau matériau.
Reassemble les conséquences écologiques actuelles avec une pensée de recyclage et surcyclage.
 

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Reassemble c’est une collection de matière éco-responsables créés à partir de chutes de tissu :
- les entremelés : tricot de bandes de tissu blanches teintent en dégradé avec une teinture végétale
- les feuilletés : slashing de chutes de tissus de tailles conséquentes
- les superpositions : assemblage de chutes de tissu à l'aide de coutures
 
croquis furoshikiPar la suite, une mise en volume est possible à partir de ces textiles : 
Furoshiki Reassemble 
Cette technique traditionnelle d’emballage japonaise ne produit aucuns déchets grâce à une mise en volume par des recouvrements et des nœuds.

 

Les furoshikis Reassemble ne sont pas seulement des textiles d’emballages. À l’aide de techniques traditionnelles et numériques comme la pince, la découpe à la découpeuse laser, le slashing ou des ennoblissements textiles de durcissement naturelle00, il est possible de développer des scénarios d’usages quotidiens. Ces mises en volume peuvent assurer une protection pour des objets fragiles, une séparation par des compartiment pour organiser un contenant, le développement d’un panier de rangement à l’aide de son sac de courses… 

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DNMADe MAT 2019-2022

LA TOILE DE JOUY

1/ DÉFINITION -

La toile de Jouy est une toile de coton dite indienne (étoffe d’Inde imprimée sur le même procédé que la sérigraphie). Elle représente des personnages avec décors ou des paysages. Les dessins sont le plus souvent monochromes, rouges ou violets (aubergine) sur fond clair mais peuvent se décliner dans d’autres coloris. Elle porte son nom de la manufacture Oberkampf, créée en 1760 à Jouy-en-Josas. D’autres manufactures, notamment celle de Mulhouse ont également contribué à la renommé de cette étoffe. Elles font aujourd’hui partie du patrimoine textile français. Garance : colorant original utilisé dans la manufacture d’Oberkampf Code : #ee1010 (Pantone Garance).

 

2/ CONTEXTE -

À l’origine, ce type de toile fut créé dans les ateliers de la manufacture fondée en 1760 par Christophe-Philippe Oberkampf dans la commune de Jouy-en-Josas (actuellement dans les Yvelines en France). L’emplacement fut choisi en raison de la présence de la Bièvre et de ses qualités chimiques propices au lavage des toiles. Cette manufacture devint rapidement l’une des plus importantes indienneries du xviiie siècle et a laissé son nom dans l’histoire de l’art décoratif. C’est surtout la variété de ses motifs imprimés qui fait sa renommée, et ce grâce à des artistes, des peintres reconnus, comme Jean-Baptiste Huet. Ce que l’on appelle aujourd’hui toile de Jouy n’est en fait qu’une petite partie des productions de la manufacture. Oberkampf produisait également des tissus polychromes dont les décors, témoins des goûts du temps, étaient somptueux. Le terme de toile de Jouy n’est pas la marque déposée d’un produit uniquement fabriqué à Jouy-en-Josas. Même du temps d’Oberkampf, d’autres manufactures, comme celles de Mulhouse, produisirent des tissus identiques et le terme est devenu en quelque sorte un nom générique. La technique utilisée pour l’impression était, dans un premier temps, l’application sur les toiles de coton pré-traitées de planches de bois gravées et enduites de teinture. Dix ans plus tard, en 1770, les planches de bois furent remplacées par des plaques de cuivre flexibles, ce qui a permis de les disposer sur des tambours cylindriques et ainsi d’augmenter la production en la mécanisant. Les toiles étaient étendues dans les prairies autour de la manufacture, plusieurs fois selon l’avancement de la production, après le lavage des toiles dans la Bièvre, puis après l’application des produits de fixation, enfin après la teinture

Proposez une organisation de motifs à la façon d’une Toile de Jouy contemporaine. En vous appuyant sur des problématiques du monde actuel, en choisissant et vous confrontant à des questions sociales, écologiques, politiques, humanitaires…, sélectionnez un ensemble d’images. 2 - Produisez des « scénettes » (motifs placés) monochromes à partir de vos images, en exploitant les principes et codes de la toile de Jouy traditionnelle. 3 - Dans une deuxième temps, vous mettrez en commun vos motifs composés. Vous disposerez ainsi d’une banque de motifs placés vous permettant de construire un motif all over individuellement. Plus vous exploiterez de scénettes, plus votre motif sera complexe, mais également plus dynamique, moins répétitif si c’est réussi.

 

Sans titre 14/ RECHERCHES D’IMAGES -

J’ai décidé de travailler sur la pollution des océans car c’est un sujet actuel qui met en péril notre planète. Le principe de la toile de Jouy est de représenter des scènes du quotidien. J’ai donc selectionné différents objets, déchets, animaux qui sont présents dans l’océan et qui contribue à cette pollution ou qui sont sujets à cette pollution.  

Les différents éléments éléctionnés préalblement ont été assemblés et dupliqués sur un format A3. Différents «pôles» de déchets se sont créés, ils sont reliés ensemble par le même élément qui va être répété sous forme vaguement linéaire (bidon d’huile, mégots de cigarette). Ces déchets qui relient les pôles entre eux sont les déchets les plus présents dans l’océan. 

toile de jouy avec engravetoile joy 

Après la composition de tous les éléments sélectionnés, un script à effet gravure est mis sur l’ensemble grâce au logiciel Photoshop. Cela permet d’avoir un rendu graphique contemporain sur une scène actuelle. La toile de Jouy est modernisé grâce à ce sujet. Par la suite une couleur est appliquée sur l’ensemble des traits de gravure obtenus, la couleur Garance. C’est le colorant original utilisé dans la manufacture d’Oberkampf. Pour terminer le projet, le résultat obtenu est ensuite utilisé comme motif sur Photoshop pour avoir un rendu se rapprochant le plus de la toile de Jouy. Le projet pourrait être continué jusqu’à l’impression du résultat sur tissu, cela relèverait du travail de texture.

 

LE MONOTYPE 

Le monotype est un procédé de gravure permettant d’obtenir par impression un exemplaire unique. Il s’utilise principalement en bichromie (noir et blanc) cependant la couleur peut être utilisée par exemple, des couleurs primaires comme le rouge ou le jaune peuvent remplacer le noir.

 

Federica Jeanne DelucaFrederica Jeanne De Luca : L’utilisation du monotype permet d’obtenir un résultat unique. Cette artiste crée du mouvement à l’aide du monotype. Cette technique a permis de figer l’instant présent et donc de capturer le mouvement sur une surface inerte. La création retient également de l’aléatoire car on ne peut pas définir le résultat obtenu. On peut essayer de paramétrer le protocole que l’on va utiliser mais il y aura toujours des éléments incontrôlables.

 

 

Alvaro P PrintAlavro Pascual Bauza : Cet artiste utilise la technique du monotype pour créer des prints. Il va réaliser son dessin sur papier comme présent sur la photo, qu’il va ensuite numériser afin de les imprimer sur des vêtements comme des tee shirts ou des pulls. Le fait de réutiliser ses impressions comme prints est contradictoire au principe du monotype. Le but du monotype est de sortir un tirage unique, or cet artiste va dupliquer ce rendu. Il vient modifier le principe de la technique du monotype et seulement garder le rendu visuel.

 

Lors de l’apprentissage du monotype nous avons appris une technique principale que nous avons pu modifier à l’aide d’outil que nous définissons. La première étape est de recouvrir d’encre de lino une plaque de verre ou de plexiglas. Deux choix s’offrent alors à nous par la suite. Soit dans un premier temps on dessine à l’aide d’un outil sur la plaque recouverte d’encre ce qui va permettre d’enlever de la matière sur l’endroit du dessin. Nous allons ensuite recouvrir notre plaque par une feuille de papier puis appuyer sur la totalité de la feuille pour avoir un transfert du dessin. Soit dans un second temps, on recouvre simplement la plaque d’encre noire puis poser la feuille pardessus. Et cette fois ci au lieu d’appuyer sur la totalité de la feuille pour permettre l’impression nous allons prendre un outil puis dessiner par-dessus la feuille. Cette technique permet l’ajout de matière tandis que l’autre la soustraction de matière. Pour terminer, nous pouvons également mixer les deux techniques entre elles. C’est ce que j’ai décidé de faire dans ma démarche.

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Mon but dans ce projet était de me mettre aucune limite, de laisser mes outils choisis me diriger. Mes actions n’étaient pas réfléchies, l’instinct me guidait. Aucun contrôle n’avait lieu sur mes idées. Pour expérimenter je me suis arrêté sur deux outils : une pointe à embout arrondi et de la ficelle. J’ai utilisé la pointe pour dessiner principalement, l’embout me permettait d’obtenir des traits de différentes épaisseurs qui donné plus ou moins de l’intensité à la couleur en fonction de la force donnée au trait. J’ai utilisé la ficelle en la bloquant entre deux couches (par exemple entre la plaque de verre couverte de peinture et ma feuille, ou entre ma feuille et un poids) que je tirai par la suite. Ce processus ne me permettait pas de contrôler mon résultat mais au fur et à mesure j’ai compris le système ce qui m’a permis d’obtenir différents rendus voulus. J’ai choisi la ficelle car nous pouvons utiliser cet objet de différentes manières en détournant sa fonction principale (nouer, attacher, tendre…). Cette fois ci la ficelle devenait outil de création graphique. Cette manière d’utilisation me permettait également de lâcher prise en n’ayant aucune idée du rendu final.

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le fil comme élément principale de construction
 

Un vêtement est un ensemble de pièces composant une partie de l’habillement d’une personne. Chaque pièce est liée avec une autre voir plusieurs autres afin de créer un volume global qui puisse tenir et se porter (la fonction principale étant de couvrir et non d’habiller).

Ces pièces sont liées avec un élément commun qui est le fil. Il peut être épais comme fin, de couleur ou même invisible mais c’est lui qui permet la construction d’un volume textile.

Pour étudier ce principe de liaison, j’ai examiné comment un vêtement était construit et monté. J’ai donc pris une liquette, un élément récurant dans une garde-robe que j’ai décousu entièrement afin de l’analyser. J’ai obtenu différents types de couture utilisées, des accessoires comme des boutons ou des étiquettes mais également différents morceaux qui composés ma chemise. A partir de ces relevés, j’ai pu monter une fiche technique de mon vêtement qui me permet d’avoir un aperçu détaillé de mon vêtement une fois celui-ci entièrement démonté.

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IMG 0297Les coutures relevées ont pu être approfondie lors de la réalisation de différents types de couture en atelier (ref couture du début de l’année) mais également avec Caroline Roider grâce à un travail de couture sur des courbes et des volumes. Suite à ces relevés j’ai pu monter le patron de mon vêtement grâce à l’apprentissage du relevé d’un patron en atelier. Ces relevés papier me permettront d’exploiter mon vêtement sur des logiciels informatiques comme Seamly design qui me permet de présenter mon patron en 2D et Marvelous qui me permet de monter mon volume textile en 3D

 

 

 

2/ Programmer le hasard

Une fois l’étude de mon vêtement effectué et celui-ci déconstruit, vient le moment de le reconstruire. Pour définir quelle couture va lier quel morceau ensemble, le hasard est mis en place à l’aide d’un dé et d’une boussole que j’ai fabriquée. Cette utilisation du hasard est un parallèle à l’étude du dadaïsme en Humanité et Culture. A l’aide de mes pièces qui créaient le hasard, des débuts de mise en volume apparaissent à échelle réduite. Ces pièces sont toutes assemblées par une couture étudiée en cours, que ce soit sur du papier ou du tissu (maquette d’assemblage, rappelle couture papier et tissu). Ce sont pour le moment des expérimentations afin de comprendre comment le fil peut se comporter en reliant différents éléments entre eux. De plus, le mouvement du fil sur du papier et du tissu n’est pas le même. Cela permet d’avoir deux axes différents pour ma poursuite d’expérimentation. Après l’expérimentions sur deux pièces entre elles vient l’expérimentation sur un volume complet à petite échelle toujours (maquette d’assemblage sur les petits mannequins, échelle ½).

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Cela permet d’avoir deux axes différents pour ma poursuite d’expérimentation. Après l’expérimentions sur deux pièces entre elles vient l’expérimentation sur un volume complet à petite échelle toujours (maquette d’assemblage sur les petits mannequins, échelle ½)).

 

3/ Mise en volume du 2D au 3D

Lors du passage du 2D au 3D des éléments ont changé et modifié ma structure de volume textile. Le changement de matière a été un élément majeur à ces modifications, le papier et le tissu n’ont pas les mêmes comportements. La rigidification du papier évoque la rigidifaction de tissu étudié avec Geraldine Godas. Lors de mon choix de volume sur mes maquettes à échelle 1/2, j’ai décidé de choisir celle avec des éléments marquants (manche cousu avec les cols = solidification sur le côté). Par la suite, grâce au dessin d’étude que je fais de mon volume, j’ai pu déposé les couleurs aux endroits voulu en m’aidant des cours sur le dazzle en culture textile. Le but est d’essayer de modifier la forme visuelle par la couleur. 

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De plus, grâce à mes dessins j’ai décidé de mettre en avant un élément présent dans mon vêtement étudié, des plis religieuses. Ces plis sont des embellissements pour un tissu, j’ai décidé de les travailler en appliquant un contraste pour les faire ressortir et pouvoir les observer de loin. Avant de commencer dans mon tissu final, une réalisation dans la toile s’impose afin de régler les derniers détails et pouvoir observer le rendu.

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A la suite de cette réalisation, j’ai décidé d’appliquer les mêmes coutures de ma chemise sur mon volume textile, une couture anglaise. Cela va me permettre d’avoir un rendu plus propre et cacher l’intérieur du vêtement pour me concentrer sur l’extérieur. De plus, pour passer mon vêtement, Caroline Roider et Madame Vallas m’ont aider afin de créer une ouverture à boutonnière.

                        

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Pour terminer mes recherches et passer à la réalisation finale, j’ai realiser ma tenue sur Marvelous en languages numériques afin de visualiser le finale avec les couleurs, la rigidification et les coutures de couleurs différentes. La tenue est ensuite mise en avant à l’aide d’une mise en page pour mettre en avant le projet en médiatisation de projet. 

 

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Responsables de la rédaction : Camille Vallas, Cécile Chevance et Olivier Laveau. Webmaster : O.L.

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